Intégrer la domotique à ma piscine a complètement transformé la manière dont j’en prends soin et dont j’en profite. Piloter le chauffage, l’éclairage et le robot de nettoyage depuis une seule application — ou même via la voix — rend l’expérience plus simple, plus économique et nettement plus plaisante. Dans cet article, je vous explique pas à pas comment j’ai installé et programmé mon système domotique, les choix techniques à faire, les pièges à éviter et des idées de scénarios concrets que vous pourrez adapter chez vous.
Choisir l’écosystème domotique adapté
La première question à se poser est : quel écosystème choisir ? Pour ma part, j’ai privilégié la compatibilité et l’ouverture. Voici les options courantes :
- Solutions propriétaires : systèmes « tout-en-un » fournis par un seul fabricant (ex. : Hayward OmniHub, Pentair IntelliConnect). Avantage : intégration native et support dédié. Inconvénient : moins de flexibilité si vous souhaitez ajouter des composants tiers.
- Écosystèmes ouverts : plateformes comme Home Assistant, OpenHAB ou Jeedom. Avantage : très personnalisables, large compatibilité (Wi‑Fi, Zigbee, Z‑Wave, MQTT). Inconvénient : configuration parfois plus technique.
- Assistants vocaux : Google Home, Amazon Alexa ou Apple HomeKit pour les commandes vocales et les automatisations simples. Souvent utilisés en complément.
J’ai personnellement opté pour Home Assistant pour sa polyvalence, associé à l’application mobile et l’intégration de Google Home pour la commande vocale occasionnelle.
Les composants indispensables
Pour piloter chauffage, éclairage et robot, vous aurez besoin de quelques composants clés :
- Passerelle/Hub domotique (Home Assistant, Jeedom, ou hub constructeur).
- Relais/Contacteurs pour commander la pompe de chauffage, la pompe de filtration ou le relais du chauffage (attention à la puissance et au type : monophasé/tri).
- Modules de commande éclairage : ampoules connectées (RGBW) ou variateurs étanches, ou modules filaires piscine (DMX/RGB) selon l’installation.
- Interface pour le robot : certains robots (Dolphin, Maytronics) sont compatibles via Wi‑Fi/Bluetooth ou avec des contrôleurs tiers ; sinon on peut automatiser via prises programmables intelligentes ou relais.
- Capteurs : température eau, température ambiante, capteur de niveau d’eau, débitmètre, capteur de présence (pour sécurité).
- Routeur et réseau fiable : la Wi‑Fi au bord de la piscine peut être capricieuse ; pensez à un point d’accès extérieur ou un répéteur avec antenne.
Étapes d’installation : de l’organisation au câblage
Voici comment j’ai procédé, étape par étape :
- Audit de l’existant : repérer les éléments à commander (tuyauterie chauffage, coffret électrique piscine, éclairage). Vérifier la tension et l’ampérage des équipements.
- Choisir l’emplacement du hub : il doit être dans un local sec et ventilé, à proximité du tableau électrique pour limiter les longueurs de câbles.
- Câbler les contacteurs : installer des contacteurs électriques pour isoler la commande domotique de la puissance. Le module domotique actionne le contacteur, et le contacteur commute la pompe/électrolyseur/chauffage.
- Installer les capteurs : la sonde de température d’eau au skimmer ou dans un puits de sonde, capteur de niveau dans la paroi technique.
- Réseau : positionner un point d’accès Wi‑Fi près du local technique si nécessaire, ou opter pour des modules Zigbee/Z‑Wave qui communiquent avec le hub.
- Sécurité : protéger les circuits basse tension et s’assurer du respect des normes (norme NF C 15‑100 pour les installations électriques autour de la piscine en France). Faire intervenir un électricien certifié pour les parties haute tension.
Intégration logicielle et programmation
Une fois le matériel en place, vient l’étape logicielle. Pour ma configuration sous Home Assistant, j’ai suivi ces grandes lignes :
- Découverte des appareils : beaucoup d’appareils compatibles sont détectés automatiquement via mDNS, MQTT, ou via des intégrations dédiées (par ex. MQTT pour un ESP32 pilotant un relais).
- Création d’entités : chaque relais (chauffage, éclairage, robot) apparaît comme une entité on/off. Les capteurs de température deviennent des entités de type sensor.
- Automatisations : j’ai programmé des scénarios en YAML ou via l’interface graphique pour :
- Allumer le chauffage si la température de l’eau descend en dessous d’un seuil et si la pompe de filtration est active.
- Éteindre le chauffage la nuit ou si une durée max est atteinte pour éviter la surconsommation.
- Allumer l’éclairage au coucher du soleil et lancer un cycle coloré à 21h pour les soirées.
- Lancer le robot automatiquement après la filtration ou selon un calendrier (ex. 10h chaque lundi/jeudi).
- Scènes et scripts : j’ai créé des scènes « Soirée », « Détente matin », « Hivernage » qui regroupent plusieurs actions en un clic.
Exemples concrets d’automatisations
Voici quelques scénarios qui m’apportent un vrai confort :
- Confort thermique : si la température de l’eau < 26 °C ET que l’heure est entre 8h et 20h, activer la pompe de chauffage jusqu’à atteindre 28 °C, puis couper.
- Éclairage intelligent : allumer en mode doux (20% luminosité) 30 minutes avant le coucher du soleil, puis augmenter si détection de présence sur la terrasse.
- Nettoyage optimisé : lancer le robot automatiquement 2h après la fin du cycle de filtration pour éviter les interférences et maximiser l’efficacité.
- Protection anti-gel : si la température extérieure < 3 °C, activer une pompe de circulation intermittente et envoyer une alerte mobile.
Considérations énergie et économies
La domotique permet de réaliser des économies importantes si elle est bien pensée :
- Programmer le chauffage uniquement quand vous utilisez la piscine ou aux périodes de la journée les plus efficaces en termes de rendement.
- Optimiser la filtration selon la qualité de l’eau : en combinant capteurs de turbidité ou redox, on peut réduire les cycles de filtration quand l’eau est propre.
- Utiliser des scénarios : abaisser la température la nuit ou pendant les absences prolongées évite une dépense inutile d’énergie.
Sécurité et maintenance
La sécurité est primordiale autour d’une piscine :
- Interlocks et coupures : prévoir des coupures automatiques en cas de détection d’anomalie (surcharge, fuite, défaut d’isolement).
- Notifications : recevoir des alertes sur son téléphone en cas de montée anormale de la température, arrêt du robot ou perte de connexion du système.
- Journalisation : garder un historique des actions (qui a déclenché quoi, quand) pour diagnostiquer les problèmes.
Problèmes courants et solutions
| Problème | Cause possible | Solution |
|---|---|---|
| Perte de connexion Wi‑Fi au local technique | Signal faible, interférences | Installer un point d’accès extérieur ou utiliser des modules Zigbee/Z‑Wave |
| Relais qui claque | Surdimensionnement, pas de protection | Utiliser des contacteurs adaptés à la charge et relais avec protection thermique |
| Robot non démarré via l’app | Robot non compatible ou interface propriétaire | Vérifier compatibilité, utiliser un relais sur prise dédiée ou API du fabricant |
Quels produits recommander ?
Voici quelques références que j’ai testées ou consultées et qui fonctionnent bien :
- Home Assistant (serveur sur Raspberry Pi ou NUC) pour la gestion centrale.
- Shelly / Sonoff pour les relais Wi‑Fi (préférer les modèles DIN pour tableau électrique).
- Zigbee : Aqara / Philips Hue pour l’éclairage et les capteurs si vous préférez un réseau maillé.
- Robots : Maytronics Dolphin Connect pour la connectivité, ou robots sans connectivité contrôlés via prise intelligente.
- Relais de puissance : Schneider / ABB pour l’intégration dans le tableau.
Si vous souhaitez, je peux vous fournir un schéma simplifié de câblage adapté à votre configuration (pompe monophasée ou tri, type de chauffage) ou vous proposer des automations prêtes à importer pour Home Assistant selon vos attentes (économie, confort, soirées, hivernage).